Exposition temporaire

« On n’a rien inventé ! Produits, Commerce et Gastronomie dans l’Antiquité romaine »

Une exposition conçue par le musée départemental Arles antique en partenariat avec le musée d’Histoire de Marseille

15 juin – 24 novembre 2019

Dans le cadre de « Marseille-Provence-Gastronomie », le département des Bouches-du-Rhône propose de nombreuses manifestations mettant à l’honneur les produits, les acteurs du monde agricole (vignerons, meuniers, oléiculteurs) et de la mer (pêcheurs) ainsi que les restaurateurs.
À cette occasion, le musée départemental Arles Antique et le musée d’Histoire de Marseille se sont associés pour organiser l’exposition “On n’a rien inventé ! Produits, commerce et gastronomie dans l’Antiquité romaine”.
Cette exposition audacieuse met en dialogue des objets antiques et contemporains autour de plusieurs thèmes liés à la gastronomie. Ainsi, des vitrines rassembleront aussi bien les conteneurs antiques que des boites de conserves actuelles d’olives, de poissons, de fruits, de viandes mais aussi des bouteilles d’huile d’olive, ou de vin.
 
L’exposition « On n’a rien inventé » a été développée avec les collections des deux musées partenaires et grâce aux prêts du musée du Louvre, musée Calvet, musée de Saint-Romain-en-Gal, musée de Narbonne, centre Camille-Jullian, Drassm, musée d’art et d’histoire de Genève, Inrap, etc …
Si les films Peplum et autres célèbres bandes dessinées ont fortement alimenté l’image d’une table romaine outrancière, cette exposition met à l’honneur une grande diversité de produits et de recettes et permet aux visiteurs de vivre une expérience originale, ludique et scientifiquement très élaborée.
Enfin le service archéologique municipal, désormais rattaché au musée d’Histoire de Marseille, est parti prenante du projet puisqu’il propose en parallèle de l’exposition du musée d’Arles de raconter (au moyen d’une grande table de réception rassemblant les trésors conservés dans nos réserves) l’évolution sur pas moins de 7000 ans des mœurs culinaires Marseillaises … !

De juin à novembre 2019, de nombreux rendez-vous gourmands sont au programme : des balades urbaines, projections, conférences, visites commentées, visites coup de cœur, ateliers-dégustation viennent compléter les thématiques abordées dans l’exposition.

 

  • Le concept de l’exposition
« On n’a rien inventé  ! » L’expression populaire pour parler de gastronomie, ici à Marseille, et qui renvoie à la permanence de certains faits et gestes à travers l’Histoire n’est certes pas un quelconque désaveu vis à vis des chefs étoilés qui, à Marseille comme ailleurs, bousculent, réinterprètent les pratiques culinaires. Cette formule simple traduit en réalité toute l’ambition du projet scientifique de cette exposition comparatiste imaginée par David Djaoui, archéologue au musée départemental Arles antique qui en assure le commissariat scientifique.
Si l’on peut aisément résumer la gastronomie à l’ensemble des règles qui définissent l’art et la manière de faire bonne chère, la mise en valeur du sujet dans un musée s’avère chose plus difficile car les traces matérielles font souvent défaut. Pour illustrer le propos, le commissaire de l’exposition s’est donc livré, faute d’aliments bien conservés, à une étude approfondie des récipients et emballages des produits alimentaires de l’Antiquité. Les fouilles subaquatiques auxquelles il participe dans le Rhône à Arles depuis de nombreuses années lui ont permis d’étudier une collection exceptionnelle de céramiques si bien conservées que certaines portent encore leurs étiquettes commerciales rédigées en latin et peintes sur les parois des récipients ! Le déchiffrement de ces inscriptions complétées par des analyses de « macrorestes » alimentaires, a révélé tout un ensemble de produits et de recettes (coings, olives noires, sauces de poisson ; jeunes thons épicés, …) qui sont très proches des produits, savoirs-faire et techniques de conditionnement de ce début du XXIe siècle. Cette enquête s’est enrichie de l’apport des textes antiques (traités d’agronomie, recettes de cuisines antiques, descriptions littéraires, ...) qui donnent un autre éclairage du sujet, complémentaire de l’étude des objets.
 
L’idée audacieuse et didactique de l’exposition consiste donc à réunir objets antiques et objets contemporains dans de mêmes vitrines, les résultats des recherches en laboratoire, mais aussi de présenter sous forme de vidéos, des expérimentations destinées à faire revivre certains gestes ou ressusciter certaines recettes... Une œuvre contemporaine, le « Déjeuner sous l’herbe » née d’une rencontre entre un artiste, Daniel Spoerri, et un archéologue, Jean Paul Demoule, clôt le parcours de l’exposition.
 
  • À table avec les Marseillais

7000 ans de bonnes manières…

Aux côtés de l’exposition « On n’a rien inventé ! », le service archéologique du musée d’Histoire de Marseille propose de dresser le couvert et de faire découvrir les us et coutumes liés à l’art de la table, à Marseille, de ses plus lointaines origines à nos jours. Cette présentation, en forme de clin d’œil, est l’occasion de mettre en exergue quelques trésors cachés du musée d’Histoire et du dépôt de fouilles archéologiques de la ville. Chaque période a ses savoir-faire, ses savoir-vivre, ses ustensiles et sa vaisselle de cuisine et de table. Provenant pour la plupart de fouilles archéologiques, les objets sélectionnés, assiettes, pichets, écuelles, marmites…, témoignent de l’évolution des mœurs culinaires.

 

Le choix d’une longue chronologie, du VIe millénaire av. J.-C. à l’aube du XXIe siècle, et le caractère « mondialisé » des contacts marseillais, est aussi l’occasion d’évoquer une histoire de l’alimentation méditerranéenne à travers quelques produits phares, introduits progressivement à la table des Marseillais. Grains de blé, noyaux d’olives et de pêches, pépins de raisins et de figues, graines de courges, pommes de pins, vertèbres de thons, fleurs de tomates, sont autant de témoignages archéologiques et historiques qui attestent l’arrivée de produits qui vont transformer durablement le régime alimentaire des Marseillais. Certains contenants certifient aussi de façon indirecte la consommation de nouveaux produits. L’apparition de la « tasse » à Marseille, à la fin du XVIIe siècle, par exemple, révélerait la vulgarisation de la consommation du sucre, du café et du chocolat.

 

En matière de gastronomie, les Marseillais n’ont pas été en reste. « Soupe de poissons », « pieds et paquets », « bouillabaisse », « coquillages » ont constitué entre autres les spécialités de la ville. La « bouillabaisse », aujourd’hui célèbre dans le monde entier, était à l’origine un plat de pauvre dont on se régalait au cabanon. En s’embourgeoisant, elle est maintenant servie dans des plats de qualité. Il n’y a guerre que la pizza, introduite à Marseille par les Napolitains, qui garde son usage populaire et que l’on mange avec les doigts après en avoir acheté une part au camion-pizza… inventé à Marseille par Louis Méritan en 1962 !

Une exposition-dossier conçue en partenariat avec l'INRAP


Commissariat :
Manuel Moliner et Ingrid Sénépart,
Service archéologique du Musée d’Histoire de Marseille
Collaboration scientifique :
Lucien-François Gantès
Anne-Marie D’Ovidio
Karima Torai 
Service archéologique du Musée d’Histoire de Marseille
Véronique Abel
Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap)
 


 

« On n’a rien inventé ! Produits, Commerce et Gastronomie dans l’Antiquité romaine »

Une exposition conçue par le musée départemental Arles antique en partenariat avec le musée d’Histoire de Marseille

15 juin – 24 novembre 2019

Dans le cadre de « Marseille-Provence-Gastronomie », le département des Bouches-du-Rhône propose de nombreuses manifestations mettant à l’honneur les produits, les acteurs du monde agricole (vignerons, meuniers, oléiculteurs) et de la mer (pêcheurs) ainsi que les restaurateurs.
À cette occasion, le musée départemental Arles Antique et le musée d’Histoire de Marseille se sont associés pour organiser l’exposition “On n’a rien inventé ! Produits, commerce et gastronomie dans l’Antiquité romaine”.
Cette exposition audacieuse met en dialogue des objets antiques et contemporains autour de plusieurs thèmes liés à la gastronomie. Ainsi, des vitrines rassembleront aussi bien les conteneurs antiques que des boites de conserves actuelles d’olives, de poissons, de fruits, de viandes mais aussi des bouteilles d’huile d’olive, ou de vin.
 
L’exposition « On n’a rien inventé » a été développée avec les collections des deux musées partenaires et grâce aux prêts du musée du Louvre, musée Calvet, musée de Saint-Romain-en-Gal, musée de Narbonne, centre Camille-Jullian, Drassm, musée d’art et d’histoire de Genève, Inrap, etc …
Si les films Peplum et autres célèbres bandes dessinées ont fortement alimenté l’image d’une table romaine outrancière, cette exposition met à l’honneur une grande diversité de produits et de recettes et permet aux visiteurs de vivre une expérience originale, ludique et scientifiquement très élaborée.
Enfin le service archéologique municipal, désormais rattaché au musée d’Histoire de Marseille, est parti prenante du projet puisqu’il propose en parallèle de l’exposition du musée d’Arles de raconter (au moyen d’une grande table de réception rassemblant les trésors conservés dans nos réserves) l’évolution sur pas moins de 7000 ans des mœurs culinaires Marseillaises … !

De juin à novembre 2019, de nombreux rendez-vous gourmands sont au programme : des balades urbaines, projections, conférences, visites commentées, visites coup de cœur, ateliers-dégustation viennent compléter les thématiques abordées dans l’exposition.

 

  • Le concept de l’exposition
« On n’a rien inventé  ! » L’expression populaire pour parler de gastronomie, ici à Marseille, et qui renvoie à la permanence de certains faits et gestes à travers l’Histoire n’est certes pas un quelconque désaveu vis à vis des chefs étoilés qui, à Marseille comme ailleurs, bousculent, réinterprètent les pratiques culinaires. Cette formule simple traduit en réalité toute l’ambition du projet scientifique de cette exposition comparatiste imaginée par David Djaoui, archéologue au musée départemental Arles antique qui en assure le commissariat scientifique.
Si l’on peut aisément résumer la gastronomie à l’ensemble des règles qui définissent l’art et la manière de faire bonne chère, la mise en valeur du sujet dans un musée s’avère chose plus difficile car les traces matérielles font souvent défaut. Pour illustrer le propos, le commissaire de l’exposition s’est donc livré, faute d’aliments bien conservés, à une étude approfondie des récipients et emballages des produits alimentaires de l’Antiquité. Les fouilles subaquatiques auxquelles il participe dans le Rhône à Arles depuis de nombreuses années lui ont permis d’étudier une collection exceptionnelle de céramiques si bien conservées que certaines portent encore leurs étiquettes commerciales rédigées en latin et peintes sur les parois des récipients ! Le déchiffrement de ces inscriptions complétées par des analyses de « macrorestes » alimentaires, a révélé tout un ensemble de produits et de recettes (coings, olives noires, sauces de poisson ; jeunes thons épicés, …) qui sont très proches des produits, savoirs-faire et techniques de conditionnement de ce début du XXIe siècle. Cette enquête s’est enrichie de l’apport des textes antiques (traités d’agronomie, recettes de cuisines antiques, descriptions littéraires, ...) qui donnent un autre éclairage du sujet, complémentaire de l’étude des objets.
 
L’idée audacieuse et didactique de l’exposition consiste donc à réunir objets antiques et objets contemporains dans de mêmes vitrines, les résultats des recherches en laboratoire, mais aussi de présenter sous forme de vidéos, des expérimentations destinées à faire revivre certains gestes ou ressusciter certaines recettes... Une œuvre contemporaine, le « Déjeuner sous l’herbe » née d’une rencontre entre un artiste, Daniel Spoerri, et un archéologue, Jean Paul Demoule, clôt le parcours de l’exposition.
 
  • À table avec les Marseillais

7000 ans de bonnes manières…

Aux côtés de l’exposition « On n’a rien inventé ! », le service archéologique du musée d’Histoire de Marseille propose de dresser le couvert et de faire découvrir les us et coutumes liés à l’art de la table, à Marseille, de ses plus lointaines origines à nos jours. Cette présentation, en forme de clin d’œil, est l’occasion de mettre en exergue quelques trésors cachés du musée d’Histoire et du dépôt de fouilles archéologiques de la ville. Chaque période a ses savoir-faire, ses savoir-vivre, ses ustensiles et sa vaisselle de cuisine et de table. Provenant pour la plupart de fouilles archéologiques, les objets sélectionnés, assiettes, pichets, écuelles, marmites…, témoignent de l’évolution des mœurs culinaires.

 

Le choix d’une longue chronologie, du VIe millénaire av. J.-C. à l’aube du XXIe siècle, et le caractère « mondialisé » des contacts marseillais, est aussi l’occasion d’évoquer une histoire de l’alimentation méditerranéenne à travers quelques produits phares, introduits progressivement à la table des Marseillais. Grains de blé, noyaux d’olives et de pêches, pépins de raisins et de figues, graines de courges, pommes de pins, vertèbres de thons, fleurs de tomates, sont autant de témoignages archéologiques et historiques qui attestent l’arrivée de produits qui vont transformer durablement le régime alimentaire des Marseillais. Certains contenants certifient aussi de façon indirecte la consommation de nouveaux produits. L’apparition de la « tasse » à Marseille, à la fin du XVIIe siècle, par exemple, révélerait la vulgarisation de la consommation du sucre, du café et du chocolat.

 

En matière de gastronomie, les Marseillais n’ont pas été en reste. « Soupe de poissons », « pieds et paquets », « bouillabaisse », « coquillages » ont constitué entre autres les spécialités de la ville. La « bouillabaisse », aujourd’hui célèbre dans le monde entier, était à l’origine un plat de pauvre dont on se régalait au cabanon. En s’embourgeoisant, elle est maintenant servie dans des plats de qualité. Il n’y a guerre que la pizza, introduite à Marseille par les Napolitains, qui garde son usage populaire et que l’on mange avec les doigts après en avoir acheté une part au camion-pizza… inventé à Marseille par Louis Méritan en 1962 !

Une exposition-dossier conçue en partenariat avec l'INRAP


Commissariat :
Manuel Moliner et Ingrid Sénépart,
Service archéologique du Musée d’Histoire de Marseille
Collaboration scientifique :
Lucien-François Gantès
Anne-Marie D’Ovidio
Karima Torai 
Service archéologique du Musée d’Histoire de Marseille
Véronique Abel
Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap)