Conferénce

Mardi 27 novembre à 18h

Traite négrière et gens de couleur à Marseille au siècle des Lumières. « Commerce honteux et abominables préjugés »

Conférence de Gilbert Buti, historien, professeur émérite d’histoire moderne à l’Université d’Aix Marseille et chercheur au CNRS - Laboratoire TELEMMe.

Si la croissance portuaire de Marseille au XVIIIe siècle a reposé en partie sur les échanges avec les Iles françaises d’Amérique (Antilles), le commerce triangulaire fut peu pratiqué avant la fin du siècle. Ainsi, alors que de 1698 à 1782 on a armé à Marseille un seul navire négrier tous les trois ans, ce sont dix navires qui partent chaque année pour la traite négrière entre 1783 et 1793. Certes, c’est nettement inférieur aux trafics enregistrés à Nantes, La Rochelle, Bordeaux ou Liverpool mais le changement est brutal et considérable.

Très tôt des voix se sont élevées à Marseille, bien avant celles de Londres ou Paris, pour condamner ce « commerce honteux » et les rudes contacts avec l’Autre. Cependant, les « abominables préjugés » envers l’Autre se rencontrent aussi à Marseille et dans des cités voisines où la présence de « gens de couleur » et d’esclaves reste méconnue sinon ignorée (étant donné la minceur et la fragmentation de la documentation). Le principe libérateur du sol français et l’affirmation de droits politiques pour tout résident « de quelque couleur qu’il soit » peuvent bien être proclamés en septembre 1791 par une loi de la Constituante, cette décision ne s’applique qu’à une faible minorité de libres de couleur aux entrées strictement contrôlées…

Programmée dans le cadre du cycle La Fabrique du Regard #3 : Figures de l’altérité, en partenariat avec l’association Approches Cultures & Territoires (ACT) et l’Espace régional de la bibliothèque de l'Alcazar.

Mardi 27 novembre à 18h

Traite négrière et gens de couleur à Marseille au siècle des Lumières. « Commerce honteux et abominables préjugés »

Conférence de Gilbert Buti, historien, professeur émérite d’histoire moderne à l’Université d’Aix Marseille et chercheur au CNRS - Laboratoire TELEMMe.

Si la croissance portuaire de Marseille au XVIIIe siècle a reposé en partie sur les échanges avec les Iles françaises d’Amérique (Antilles), le commerce triangulaire fut peu pratiqué avant la fin du siècle. Ainsi, alors que de 1698 à 1782 on a armé à Marseille un seul navire négrier tous les trois ans, ce sont dix navires qui partent chaque année pour la traite négrière entre 1783 et 1793. Certes, c’est nettement inférieur aux trafics enregistrés à Nantes, La Rochelle, Bordeaux ou Liverpool mais le changement est brutal et considérable.

Très tôt des voix se sont élevées à Marseille, bien avant celles de Londres ou Paris, pour condamner ce « commerce honteux » et les rudes contacts avec l’Autre. Cependant, les « abominables préjugés » envers l’Autre se rencontrent aussi à Marseille et dans des cités voisines où la présence de « gens de couleur » et d’esclaves reste méconnue sinon ignorée (étant donné la minceur et la fragmentation de la documentation). Le principe libérateur du sol français et l’affirmation de droits politiques pour tout résident « de quelque couleur qu’il soit » peuvent bien être proclamés en septembre 1791 par une loi de la Constituante, cette décision ne s’applique qu’à une faible minorité de libres de couleur aux entrées strictement contrôlées…

Programmée dans le cadre du cycle La Fabrique du Regard #3 : Figures de l’altérité, en partenariat avec l’association Approches Cultures & Territoires (ACT) et l’Espace régional de la bibliothèque de l'Alcazar.